The therapeutic writing or the reverse creation
This article aims at revealing the main elements that compose Cioran’s perspective on the activity of writing and the way in which his creation is influenced by the disruptive states of his mind and body. The discomfort of living will definitely be integrated in his writings and the crisis appears to be a vital necessity. Cioran’s work is consistently marked by terms that refer to the vocabulary of violence and aggression, to a state of rebellion against the outside world and against his own self. Crisis and anxiety create an enabling environment in which the writer can begin his artistic gestures, the act of expression being able to offer him the opportunity to a perpetual renewal of his state of mind, a “therapeutics” through which he attempts to treat and to comfort his troubled soul.
Keywords: Cioran, therapeutic writing, creation, crisis, vengeance
1.[1] Les citations de l’œuvre de Cioran renvoient aux deux volumes publiés chez Gallimard: Œuvres (Œ), « Quarto », 1995 et Cahiers (C), 1997. Les références aux Entretiens (E) renvoient au volume publié chez Gallimard, en 1995.
2.[1] Paul Nizon, Marcher à l’écriture – Leçons de Francfort, essai traduit de l’allemand par Jean-Claude Rambach, Arles, Actes Sud, (1985) 1991, p. 15.
3.[1] Gilles Deleuze, Critique et clinique, Paris, Minuit, 1990, p. 11.
4.[1] Adele Parker, « L’écrivain sur l’écriture, l’artiste sur l’art », Equinoxes, no 3, printemps/été 2004, URL: http://www.brown.edu/Research/Equinoxes/journal/issue3/eqx3_conf.html, consulté le 15 mars 2005.
5.[1] Celles-ci représentent à ses yeux un trésor inestimable: « Le patrimoine d’un écrivain, ce sont ses secrets, ses défaites cuisantes et inavouées; et c’est la fermentation de ses hontes qui est le gage de sa fécondité. » (C 74)
6.[1] Michel de M’Uzan, De l’art à la mort – itinéraire psychanalytique, Paris, Gallimard, 1983.
7.[1] Voir Olivier Revault D’Allonnes, La Création artistique et les promesses de la liberté, Paris, Klincksieck, 1973, p. 123.
8.[1] Ibid., p. 141.
9.[1] Martin Walser, « Écrire », La Naissance du texte, ensemble réuni par Louis Hay, Paris, José Corti, 1989, p. 221.
10.[1] Antonin Artaud, L’Ombilic des Limbes (1925), Paris, Éditions Gallimard/Poésie, 1968, p. 52.
11.[1] CRN, Ms. 446, p. 27.
12.[1] Paul Nizon, op. cit., p. 144.
13.[1] Gaston Bachelard, La Terre et les rêveries de la volonté, Paris, José Corti, (1947) 2004, p. 40.
14.[1] Francis Scott Fitzgerald, lettre à Maxwell Perkins, 26 novembre 1934, De l’écriture, textes réunis et présentés par Larry W. Phillips, traduits de l’américain par Jacques Tournier, préface de Franz-Olivier Giesbert, Bruxelles, Complexe, 1991, p. 26.
15.[1] « Ce qui joue contre moi, en tant qu’écrivain, c’est qu’on ne peut me ‘comprendre’ que si on se met au niveau d’abattement où j’étais quand j’ai écrit tel ou tel texte. » (C 547)
16.[1] Michel Jarrety, La Morale dans l’écriture – Camus, Char, Cioran, Paris, PUF, 1999, p. 113.
17.[1] Perspective que nous retrouvons formulée dans son troisième livre rédigé en français, La Tentation d’exister (1956): « Tout mot est un mot de trop. Il s’agit pourtant d’écrire: écrivons…, dupons-nous les uns les autres. » (Œ 882).